Fille unique de Jacques Necker, banquier genevois et ministre de Louis XVI, Germaine de Staël naît à Paris en 1766 et fréquente dès son enfance les esprits les plus brillants de son temps dans le salon que tient sa mère, une vaudoise de Crassier, Suzanne Curchod.

En 1784 Jacques Necker achète le château de Coppet qui deviendra le refuge de Germaine lors de l’exil imposé par Napoléon qui craint son influence politique. Germaine de Staël a connu à la fois l’Ancien Régime et les fastes de Versailles, la Révolution, la Terreur, le Consulat et l’Empire qui la condamne à l’exil, et enfin la Restauration. Elle meurt le 14 juillet 1817.

L’œuvre de Germaine de Staël

Germaine de Staël a toujours vécu la plume à la main et son œuvre est considérable. Ses romans, ses réflexions politiques et philosophiques, sa correspondance, nous livrent un point de vue éclairé sur les différents régimes politiques qui ont jalonné sa vie.

Autour d’elle se sont regroupés les opposants au régime napoléonien. Féministe et romantique avant l’heure, elle défend dans ses romans la cause des femmes. Elle fut aussi très engagée pour l’abolition de l’esclavage. Grande amoureuse et femme libérée des conventions de son époque, elle parle des relations entre les sexes avec une pertinence très en avance sur son temps.

Le Château de Coppet

Chassée de Paris par Napoléon, Germaine de Staël se retire à Coppet dont elle fait ce que Sainte-Beuve appelle « l’Elysée intellectuel de toute une génération « et fait du château le « rond-point de l’intelligence européenne ».

C’est au château de Coppet que Germaine de Staël reçoit intellectuels, philosophes, économistes, historiens et écrivains illustres venus de toute l’Europe (Byron, Chateaubriand, Benjamin Constant, Goethe, Grimm, Sismondi, Schlegel, Juliette Récamier…) qu’elle a rencontrés lors de ses nombreux voyages à travers l’Europe, voyages qui nourrissent ses réflexions politiques et ses romans, (Delphine, Corinne), son théâtre (La Signora Fantasticci, Le Mannequin). Avec ses illustres amis installés au château, elle donne vie au fameux « Groupe de Coppet » et ils feront de ce bourg vaudois les « Etats Généraux de l’Europe » (Stendhal).