La Réconciliation, Mme de Staël et Napoléon

By: Marc Bonnant and François-René Duchâble and Hippolyte Wouters and Brigitte Fossey and Alain Carré

La Réconciliation, Mme de Staël et Nap...

La Réconciliation, Mme de Staël et Napoléon


 « Ce n’est qu’en France qu’une pareille femme est à craindre et je ne veux pas de Madame de Staël à Paris. Qu’elle disparaisse. Qu’elle s’en aille sur son Léman. »

Napoléon


Germaine de Staël décède à Paris le 14 juillet 1817 à l’âge de 51 ans. Sa dépouille est ramenée à Coppet pour y être ensevelie dans le cimetière familial aux côtés de ses parents. Bien connue est l’opposition entre Napoléon et l'auteur de Delphine et de Corinne, mais aussi de De l’Allemagne et de Dix années d’exil : « Sa demeure à Coppet était devenue un véritable arsenal contre moi ; on venait s’y faire armer chevalier. Elle s’occupait à me susciter des ennemis, et me combattait elle-même […] Et malgré tout le mal qu’elle a dit de moi, sans compter tout celui qu’elle dira encore, je suis loin assurément de la croire, de la tenir pour une méchante femme : tout bonnement c’est que nous nous sommes fait la petite guerre, et voilà tout. » (Napoléon, in Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène) « Je savais que Bonaparte ne m’aimait pas ; mais il n’en était pas encore arrivé au degré de tyrannie qu’on a vu se développer depuis. » (Germaine de Staël, Dix années d’exil) « Il me hait, il hait en moi mon père, mes amis, nos opinions à tous, l’esprit de 1789, la charte, la liberté de la France […] » (Germaine de Staël, citée par le Duc de Broglie, Mémoires) Si ces citations montrent l’incompatibilité fondamentale de ces deux caractères, il y eut cependant une époque où Mme de Staël plaça beaucoup d’espoir en Bonaparte, qu’elle percevait comme un grand homme digne du génie de son père, Jacques Necker. À l’initiative de Talleyrand, ils s’étaient à deux reprises rencontrés à Paris à l’Hôtel de Galliffet. Le 6 décembre 1797, soit trois mois après le 18 Fructidor, elle attendait le général Bonaparte au pied des colonnes du salon, car elle avait envie de rencontrer le nouvel Alexandre qui ne daigna même pas lui adresser la parole. La déception ne sera toutefois pas aussi grande que celle du 3 janvier 1798 quand en ces mêmes lieux, lors de la soirée de gala donnée en l’honneur de Joséphine elle rencontra pour la seconde fois le général. Lui plaire, elle le voulait, et se mesurer à lui sur le plan de la séduction. Elle l’encercla donc en le bombardant de questions : Général, quelle est la femme que vous aimeriez le plus ? La mienne, répondit Bonaparte. C’est tout simple, mais quelle est celle que vous estimeriez le plus ? Celle qui sait le mieux s’occuper de son ménage. Je le conçois, mais quelle serait pour vous la première des femmes ? Celle qui fait le plus d’enfants, Madame », répondit le pacificateur de la République en tournant les talons. Ce dialogue montre combien ils ne partageaient point la même vision des rôles. La divergence était patente au plan humain et devait on le sait s’étendre à celui de la politique et des idées. Mais… aurait-on pu concevoir qu’il en fût autrement ?
La pièce Ce spectacle est basé sur l’ouvrage « Napoléon dans l’Olympe » écrit par Hippolyte Wouters et paru en 2015 aux éditions Courteslignes. L’auteur nous fera également l’honneur de jouer un rôle à nos côtés.
Synopsis Depuis la première entrevue le 3 janvier 1798, entre Germaine de Staël et Napoléon, ménagée par Talleyrand, jusqu’à l’exil au château de Coppet, sommée par l’Empereur de s’éloigner de Paris, plus de deux siècles ont passé. Que se passe-t-il, en secret, dans les coulisses de la diplomatie internationale ? Qui déploie des efforts quasi quotidiens afin qu’une nouvelle confrontation efface plus de deux siècles de différents ? Soudain oh surprise ! l’annonce est officielle : les 12 et 14 juillet 2017, à l’occasion du bicentenaire de la mort de la baronne de Staël-Holstein, à l’hôtel de Galliffet à Paris et au château de Coppet, l’heure de la réconciliation a sonné !
La pièce Le 12 juillet 2017, en ce même Hôtel de Galliffet, qui de nos jours abrite l’Institut culturel italien, se déroulera après deux siècles une nouvelle rencontre, celle de la réconciliation. Sous la forme d’un dialogue théâtral, les ennemis de toujours se pardonneront officiellement et publiquement deux siècles de haine, de jalousies, de querelles et de craintes réciproques. Alain Carré incarnera Napoléon face à Brigitte Fossey Germaine de Staël, François-René Duchâble accompagnera au piano la soprano Véronique Mercier. Le célèbre bâtonnier Marc Bonnant y tiendra l’accusation au procès de Talleyrand. La pièce sera suivie d’une réflexion oratoire hors pair de Maître Marc Bonnant qui prendra tour à tour parti le 12 juillet à Paris contre les idées de l’homme d’État et diplomate français Charles-Maurice de Talleyrand, alors que le 14 juillet à Coppet, date anniversaire de la mort de Mme de Staël, il les défendra avec ferveur.
Mise en scène : Alain Carré Jeu : Alain Carré et Brigitte Fossey, Hippolyte Wouters Chant : Véronique Merci Piano :  François-René Duchâble Avec la participation exceptionnelle de : Marc Bonnant